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5 conseils pour ouvrir un gîte rural

Dans un contexte de recherche d’authenticité et de location à rapport prestations/prix raisonnable, ouvrir un gîte rural est une aventure prometteuse d’opportunités : elle peut permettre d’engranger des revenus complémentaires, d’optimiser un bien immobilier, donc d’accroître à terme son patrimoine. Cela peut être aussi l’occasion de changer de vie et de s’ouvrir davantage aux autres. Quels que soient les bénéfices attendus, cette opération doit être soigneusement préparée pour assurer son succès.

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Valider l’opportunité du projet

Tout d’abord, il faut estimer le plus précisément possible ce que le gîte peut vous rapporter. Pour l’association des « Gîtes de France », le prix moyen de la location d’un gîte (haute et basse saisons confondues) pour une semaine et pour 4 personnes a été de 443,90 € en 2014.

Mais ce chiffre peut cacher d’importantes disparités : il est donc prudent de prendre contact avec le comité départemental du tourisme auprès du conseil général (pour connaître les projets de développement économique de votre territoire à moyen et long terme), l’équipe municipale et, si vous souhaitez être labellisé, avec les « Gîtes de France » (60 ans d’existence, 60 000 hébergements) ou le réseau « Clévacances » (20 ans d’existence, 25 000 hébergements) qui regroupent à eux deux l’essentiel des gîtes et chambres d’hôtes labellisés.

Evaluer l’investissement initial

Le charme de vieilles masures inconfortables n’est plus apprécié. Aujourd’hui, les attraits touristiques de la région et les atouts environnementaux du gîte (calme, charme…) ne suffisent plus à satisfaire la clientèle, devenue plus exigeante.
Il faut donc prévoir un budget travaux pour respecter les critères minimaux de confort (présence de sanitaires complets, d’une cuisine parfaitement équipée…) et rénover avec goût et authenticité.

Un permis de construire ou une déclaration préalable de travaux peut être nécessaire : si cette opération est menée judicieusement, elle valorise à long terme le patrimoine. Selon une récente étude réalisée de novembre 2014 à mars 2015 pour le compte des Gîtes de France, le coût moyen de la création d’un gîte est estimé à 91 206 € et celui d’une maison d’hôtes, à 75 917 €.

Recenser les aides potentielles

Vous pouvez solliciter différents organismes pour bénéficier de subventions. Les gîtes peuvent en effet bénéficier, au titre de la rénovation du patrimoine, de différentes aides. Elles sont octroyées par le conseil départemental, le conseil régional, voire l’État ou l’Europe (Fonds européens de développement régional, Fonds européen agricole pour le financement rural ou Faeder). Dans tous les cas, il faut s’adresser à sa collectivité locale.

Attention, ces aides ne sont délivrées qu’une fois les travaux terminés, ce qui exige une surface financière préalable. De plus, elles sont conditionnées à différents paramètres : projet en dehors de tout pôle urbain, gîte obligatoirement labellisé et offrant un certain standing, engagement pluriannuel de location par l’intermédiaire d’un service de réservation habilité, etc.

Lister les démarches

Toute ouverture d’un meublé de tourisme, classé ou non, doit être déclarée à la mairie de la commune du gîte par le biais d’un formulaire Cerfa n° 14004*02.
Pour optimiser ses chances de location, il est possible de solliciter le classement en « étoiles » du gîte par un organisme accrédité. Pour chaque location, un contrat écrit doit être établi (avec descriptif des lieux, prix, conditions de paiement, d’annulation, nombre maximum d’occupants, montant prévisionnel de la taxe de séjour…). Il est aussi vivement recommandé au propriétaire bailleur de souscrire une assurance location saisonnière afin que tous les éventuels sinistres soient pris en charge.

S’acquitter des obligations juridiques et fiscales

Toute mise en location d’un gîte doit être déclarée auprès du centre de formalités des entreprises (CFE) et les propriétaires reçoivent alors un numéro de Siret. Les bénéfices sont soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux. Il est à noter que la plupart des propriétaires exercent aujourd’hui leur activité à titre non professionnel : leurs formalités déclaratives et fiscales sont de ce fait allégées, mais compte tenu de la spécificité de chaque situation, il est utile de se faire aider par un professionnel (juriste, expert-comptable…) ou de suivre une formation dispensée par les grands organismes et dédiée aux adhérents porteurs de projets.

Uni-éditions - février 2016

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