Globalement, le poids du budget logement sur les dépenses n’a que peu évolué mais dans le détail, de grandes disparités apparaissent, les ménages plus modestes supportant l’augmentation la plus conséquente.
Publiée en mars 2012, la dernière étude Insee sur le logement ne surprend guère quant aux premières conclusions : le budget habitation reste le premier poste de dépenses des Français devant l’alimentation et les transports. Le taux d’effort le plus élevé concerne les locataires du secteur privé et les accédants à la propriété du parc privé. Ainsi, un locataire sur cinq du parc privé dépense plus de 40% de son budget pour se loger. Le taux d’effort désigne le pourcentage des dépenses par rapport aux revenus. Il est calculé en tenant compte des remboursements d’emprunt, des gros travaux, de la taxe foncière et des charges de copropriété pour les propriétaires. Pour les locataires, il comprend les loyers et charges locatives. Pour tous, il inclut la taxe d’habitation, les dépenses d’eau et d’énergie liées à l’habitation, ainsi que les éventuelles aides au logement. L’étude souligne une faible augmentation du taux d’effort sur 15 ans (+0,8 % entre 1996 et 2006). Ceci s’explique surtout par un changement du profil des accédants et par l’allongement de la durée des emprunts et non par une stagnation de la charge du poste logement.
Selon l’Insee, le taux d’effort a augmenté de façon significative pour une partie de la population. Premières victimes : les locataires du privé et les ménages modestes. Dans l’ensemble, les dépenses logement représentent 24 % des revenus des ménages modestes (25 % des personnes qui ont le niveau de vie le plus faible), contre seulement 11 % pour les ménages les plus aisés (25 % des personnes qui ont le niveau de vie le plus élevé). Pire, les locataires les plus modestes du secteur privé consacrent 34 % de leurs revenus pour se loger, contre 19% pour les locataires les plus aisés. La moyenne de 18,5 % affichée en tête d’enquête cache donc de grandes disparités, l’accès à la propriété pour les ménages modestes étant notamment de plus en plus difficile.
Enfin, le coût de l’accession à la propriété s’étale de plus en plus dans la durée. En effet, dans les années 2000, un allongement des durées d’emprunts a été constaté, les accédants à la propriété s’offrant ainsi la possibilité de mieux répartir leurs dépenses. A cela vient s’ajouter le changement de profil, les ménages modestes étant, selon l’Insee, plus rarement concernés par l’acquisition. Résultat, malgré la baisse des taux d’intérêt, l’acquisition d’un logement coûte globalement plus cher : entre 1997 et 2001, elle représentait trois années de revenus en moyenne contre quatre entre 2002 et 2006.
INSEE Première n°1395, mars 2012 : http://www.insee.fr/fr/themes/docum... Grille de calcul « niveau de vie » : www.insee.fr/fr/methodes/def...
© Uni éditions – Marie Varandat - avril 2012

